Carnet de bord Jour 2 en direct du G20 YEA Istanbul : « Comment créer une culture de l’entrepreneuriat ? » PAR RONAN PELLOUX DANS LES ECHOS

Ronan Pelloux, entrepreneur (Creads) | Le 09/09/2015 – Les Echos

Quelles solutions concrètes pour soutenir les jeunes entrepreneurs ? Au sommet du G20 YEA d’Istanbul, les délégations de créateurs ont mis à jour 5 fondamentaux de la culture entrepreneuriale d’entreprises. Plongée dans les coulisses de ce sommet grâce au journal de bord de Ronan Pelloux, entrepreneur

« Construire une culture entrepreneuriale positive est indispensable pour soutenir la croissance de nos économies » C’est sur cette conviction que s’est clôturée la deuxième journée d’échanges à Istanbul, suite à la journée d’introduction de la veille. Les discours ont convergé en un sens, celui de trouver des solutions viables pour aider les futures générations de jeunes entrepreneurs.

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Au-delà d’établir un plan d’actions, l’un des grands intérêts du G20 est aussi de pouvoir écouter les témoignages d’entrepreneurs de talent. A l’image de Nevzat Aydin, Chef d’Entreprise Turc ayant reversé 27M$ à ses employés lors de la vente de sa société Yemeksepeti.com, le site internet de commandes de repas. Inspirant donc. Surtout pour démarrer cette deuxième journée dédiée à l’analyse de la culture entrepreneuriale des pays du G20.

 
Les 5 fondamentaux de la culture entrepreneuriale
Les objectifs sont multiples. Avec les 400 entrepreneurs présents, nous sommes tous conscients qu’une culture ne se décrète pas du jour au lendemain. Elle sera la résultante de mesures long-termistes qui viseraient à créer un impact fort pour les entreprises, créer de l’emploi et de la croissance et surtout rapprocher les entrepreneurs et les salariés qui partageraient une vision commune et une compréhension similaire du fonctionnement d’une entreprise.

Les principaux échanges issus de l’étude EY “From classroom to boardroom”, poussent à favoriser une politique éducative centrée sur l’entrepreneuriat dans laquelle les médias auraient un rôle fondamental à jouer pour être les relais de cette culture naissante s’articulant, selon les entrepreneurs, autour de 5 points clés :

1. La création d’un visa multi-latéral pour les startups. De plus en plus, les entrepreneurs ont un besoin essentiel de mobilité. Qu’il s’agisse d’ouvrir des bureaux à l’étranger pour développer leurs activités commerciales ou pour recruter des talents issus de l’international.

2. La constitution d’accélérateurs internationaux. Les entrepreneurs ressentent réellement le besoin de collaborer avec d’autres chefs d’entreprise du monde entier pour partager leurs savoirs, leurs expériences sur des marchés parfois très différents à travers la constitution de réseaux communautaires. Un enjeu particulièrement bien compris par le gouvernement brésilien qui a mis en place un programme de financement pour favoriser la culture entrepreneuriale et soutenir les tech-ventures innovantes en leur apportant de multiples avantages pour partager leurs expériences. Depuis son lancement, ce programme a aidé à incuber 73 entreprises issues de 12 pays différents.

3. L’enseignement de l’entrepreneuriat le plus tôt possible. Les entrepreneurs attendent un soutien du gouvernement dès l’école primaire afin de créer une mentalité d’entreprise et d’en développer la culture. Il ne s’agirait pas de créer une matière à part entière dans le programme scolaire mais plutôt de mettre en place des activités périscolaires comme en Grande-Bretagne où plus de 30 000 écoliers entre 5 et 11 ans ont reçu £5 pour mettre en place leur propre mini-business. Ce “fiver challenge” est déjà déployé dans plus de 500 écoles, et l’objectif est de doubler le programme d’ici l’année prochaine.

4. Encourager l’entrepreneuriat lors des études secondaires et supérieures. Dans l’objectif d’approfondir l’esprit d’entreprise acquis dès l’école primaire, nous pensons qu’il est important d’encourager les initiatives entrepreneuriales au collège, au lycée et après afin de faciliter la création d’entreprise. Un exemple à suivre est celui du gouvernement de la province chinoise Zhejiang qui a créé un fonds de 5.5M$ pour soutenir les startups lancées par de jeunes diplômés afin de les exempter de charges pendant 3 ans.

5. La création de startups durables et pérennes. Nous nous accordons à dire que ce n’est pas la surenchère du nombre de sociétés créées chaque année qui compte. Mais plutôt la recherche de ressources qualitatives permettant la croissance de ces jeunes pousses. Pour y parvenir, les Etats pourraient mettre en place des subventions pour accompagner les entrepreneurs et les former à toutes les problématiques liées à la création d’une entreprise. Au-delà des gouvernements, nous devrions, en tant qu’entrepreneurs, partager notre expérience aux sociétés plus jeunes via des programmes de mentorat. Nous avons en France différents programmes très efficaces tels que le Moovjee et l’IME (Institut du Mentorat Entrepreneurial) pour accompagner les entrepreneurs aux différentes étapes de leur croissance.

 

Ces 5 mesures ont été pensées de manière globale par l’ensemble des délégations internationales présentes au sommet d’Istanbul. Grâce à nos échanges, nous avons constaté que chaque pays disposait de bonnes pratiques dont nous pourrions nous inspirer. La French Tech a d’ailleurs été vivement saluée. Les étrangers y voient une forme de renaissance entrepreneuriale en France. Le CES de 2015 les a particulièrement marqué car la France était la nation la plus représentée en Europe, avec 120 exposants de divers secteurs. C’est très encourageant !

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