Guillaume Richard : «Tous les jours, nous devons faire face à de nouvelles contraintes» – Parution L’opinion

Le fondateur et PDG d’O2, agence de services à la personnes, figure parmi les plus gros recruteurs français. En six ans, il a crée 6 000 emplois .

Interview de Fanny Guinochet pour L’Opinion. Parution le Jeudi 26 juin 2014

 

Guillaume Richard

Vous avez crée en cinq ans 6 100 emplois nets. Une prouesse, non ?

Nous sommes sur un secteur en plein développement grâce à la féminisation du travail, le vieillissement de la population, l’augmentation de la consommation de services… Sur les 6 100 emplois crées, près de 10% sont des postes d’encadrement. Dans notre siège, au Mans, où travaillent 250 personnes, il y a des comptables, des spécialistes du marketing, de la finance, etc. Mais dans nos 150 agences en France, nos emplois sont aussi qualifiés – soit via un diplôme, soit via trois ans d’expérience professionnelle. Nous répondons aux demandes de notre clientèle : pour s’occuper de son enfant, de son père ou de sa mère âgés, elle veut du personnel compétent. Ce sont donc des métiers où il ne suffit pas d’avoir un bon savoir être, il faut surtout être à même de justifier de compétences validées.

Est-ce difficile de recruter ?

Cela peut sembler bizarre alors que le chômage est très élevé en France mais oui, nous avons des difficultés à trouver des collaborateurs. Nos métiers souffrent d’une mauvaise image, d’un manque de reconnaissance. Et notre exigence est un filtre : sur 100 candidatures que nous recevons, nous n’en gardons que 3 ou 4. Nous lançons régulièrement des campagnes de publicité pour attirer du personnel. Nous essayons aussi de masculiniser nos métiers, qui sont aujourd’hui à 96% occupés par des femmes. Malgré ces actions, chaque année, près de 600 postes restent non pourvus, surtout en matière de garde d’enfants. Cela est dû à un fort turn-over, car pour la garde d’enfants, ce sont surtout des temps partiels. C’est moins vrai pour l’accompagnement des personnes âgées, ou l’entretien de la maison. Enfin, pour recruter, il faut évoluer dans un dans un environnement favorable. Ce n’est hélas, pas le cas. Tous les jours, nous devons faire face à de nouvelles contraintes : à partir du 1er juillet prochain, nous serons par exemple dans l’obligation d’employer des salariés à 24 heures minimum par semaine… Cette nouvelle règle va détruire des emplois, ou en tout cas, nous amener à en créer moins. Il y aussi le compte personnel de formation, le compte pénibilité, etc. A quand le choc de simplification ?

Vous évoluez dans un secteur très subventionné. Est-ce un accélérateur de croissance ?

Pas du tout. Il y a des aides, mais ce n’est pas une niche fiscale, comme je l’entends souvent, car une niche fiscale vise à soutenir du patrimoine comme des œuvres d’art ou une zone géographique comme les DOM-TOM. Les dispositions qui s’appliquent à notre secteur permettent avant tout de lutter contre le travail au noir. La garde d’enfants, l’aide à domicile, ce sont des nécessités. La réduction du crédit d’impôt permet d’arbitrer entre déclarer ou pas. Ce n’est pas un dispositif de subventionnement. Une étude a d’ailleurs montré que s’il y avait près de 6,5 milliards d’euros d’aides diverses sur ce secteur, en contrepartie les rentrées d’argent avoisinaient 9 milliards d’euros. C’est donc positif.

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